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Deux ans après la Révolution du Jasmin; ou en sommes-nous?
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By Rim Rekik MBA in Intrernational Business Lincoln University, San Francisco, CA
San Francisco, 01/01/2013
Le 14 Janvier 2011 était la date de la fin du régime Ben Ali. Son départ a laissé place à une
phase de transition caractérisée par l'incertitude d'une part et par l'espoir et les promesses d'autre part. Et de ce sentiment est née le "Printemps Arabe".
Deux ans après la révolution, rien n'a changé, les conditions de vie des Tunisiens se sont détériorées. Le taux de croissance est de 2,1% alors qui l'était de 3,3 % en 2010 la même période. Le taux de chômage est toujours élevé: 17,6% actuellement et de 13% en 2010 selon L'Institut National de la Statistique (INS). Le coût de la vie a augmenté: l'indice des prix à la consommation est passé de 4,2% en Juillet 2011 à 5,6% en Août 2012 d'après l'INS.
Deux ans après la révolution, le conseil constitutionnel n'a pas réussi a rédiger la nouvelle constitution dans les délais prévu. Ironie du sort: en 1861, la Tunisie fut le premier parmi les pays arabes à promulguer sa Constitution.
Deux ans après la révolution, Le peuple tunisien est frustré par le fait que le parti Ennahdha, qui n'était pas aux avant lors de la révolution, mais se trouve au pouvoir depuis les élections de 2011, n'a pas fourni l'emploi et la dignité pour lesquels les jeunes chômeurs diplômés s'étaient battu avec leur sang et corps lors des soulèvements de décembre 2010 et janvier 2011.
Deux ans après la révolution, le gouvernement n'a pas pu tenir ces promesses en matière de création de postes d'emploi et de développement des régions internes où la pauvreté ne cesse d'augmenter (32% dans certaines régions).
Deux ans après la révolution, nous avons constaté deux évolutions sur le niveau économique. La première est l'enregistrement d'une hausse des exportations de 2,6% en Janvier 2012 comparé a une baisse de 1,2 % en Janvier 2011, et la deuxième concerne les importations avec une hausse des biens d'équipements (+29,4%) et des matière premières de (+17,4%) selon la Banque Centrale de Tunisie.
Deux ans après la révolution, la Tunisie a connu l'activisme des groupes Salafistes. Ces derniers exigent l'application de la Chariaa dans la constitution. La sécurité du pays est aussi menacée par la présence du mouvement terroriste Al-Qaida qui existe en Tunisie et ça était confirmé le 20 Juin 2012 sur les ondes de Radio Express FM par Mr Lotfi Azzouz, directeur du bureau d'Amnesty International.
Deux ans après la révolution, la liberté des médias n'est plus à l'abri d'attaques venues aussi bien des milieux extrémistes que des milieux proches du pouvoir. Cas typique: l'affaire de la détention du journaliste Sami El Fehri malgré le verdict de sa libération auprès de la Cours de Cassation.
Deux ans après la révolution, il semble que le souci d'une grande partie des élus de l'Assemblée Nationale concerne l'augmentation de leurs salaires et primes.
Deux ans après la révolution, une Tunisienne, violée par des policiers, risque d'être jugée pour «atteinte à la pudeur» !!!
Deux ans après la révolution, on découvre que l'argent du peuple (près de 1.5 millions de dinars en provenance de la Chine) est versé dans le même compte du ministère des affaires étrangères utilisé par le ministre, Mr Abdessalem, pour ses dépenses courantes.
Deux ans après la révolution, au sein de la troïka et lors d'un débat constitutionnel, une des membre d'Ennahdha a suggéré de créer «une maison pour les martyres» où ces derniers (les martyres ) peuvent se rencontrer(?!).
Deux ans après la révolution, il y a de l'espoir. Justement, à cause de l'état de l'économie, des libertés civiles, de la lenteur de la rédaction de la Constitution, et le reste, le gouvernement Troïka n'a plus une «carte blanche». En fait, depuis le printemps dernier, une opposition crédible a commencé à s'unir et les sondages indiquent qu'elle est déjà pratiquement coude à coude avec le parti majoritaire du gouvernement intérimaire.
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