Notes prises sur le terrain
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L'eau et la gouvernance participative au Sénégal
(Article publié avec l'autorisation de Global Waters - James Hutchins, de D. Davis)
 | | Foto: J. Graham USAID |
Comme c'est le cas dans nombre de pays d'Afrique de l'Ouest, la disponibilité de l'eau gouverne les conditions de vie pour la population rurale du Sénégal. Un rude climat et une pluviosité incertaine menacent la sécurité alimentaire et entraînent une immigration urbaine, ce qui réduit la production alimentaire et surcharge l'infrastructure du secteur de l'eau et de l'assainissement, et en aggrave les conditions sociales. Depuis des années, ces conditions ont piégé la population dans un cycle de pauvreté et de maladies. Ce phénomène s'est particulièrement manifesté dans la région de Casamance, dans la partie sud-ouest du pays, où un conflit de longue date de faible envergure a conduit à la destruction de l'infrastructure rurale du secteur de l'eau et de l'assainissement, laissant la population tributaire de sources d'eau rares et insalubres, et de peu d'installations modernes d'assainissement. Conscient qu'un approvisionnement en eau et qu'un assainissement inadéquats entravaient largement la croissance, le gouvernement du Sénégal s'attache actuellement à atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement dans le secteur de l'eau et de l'assainissement et en fait un élément essentiel de son plan de réduction de la pauvreté et de croissance économique. En 2005, le gouvernement a convenu de mettre en place un programme d'un milliard de dollars, appelé Programme national d'eau potable et d'assainissement du millénaire, ou PEPAM. « Lorsque vous tentez de faire face aux questions d'eau potable et d'assainissement dans les régions rurales, » expliquait Aaron Brownell, qui gère les activités du secteur de l'eau au Sénégal pour l'USAID, « vous tenez compte de plusieurs éléments liés entre eux. Les plus grandes difficultés, » ajouta-t-il, « concernent le secteur de la gouvernance et celles relatives à la durabilité de l'accès. » « La gouvernance dans le secteur rural est fragmentée, » faisait observer Brownell, « et la population est rarement consultée sur la manière dont les services sont répartis. » Le PEPAM renforce la capacité des populations en matière de gouvernance participative en habilitant les femmes à prendre des rôles de leadership dans la vie communautaire ; en renforçant la capacité des communautés à gérer de manière coopérative les ressources d'eau et les systèmes d'assainissement ; ainsi qu'en mettant au point des systèmes d'échange d'informations. La création de ces systèmes d'échange conforte aussi les efforts de réduction du risque de conflit lié à l'eau. Les systèmes d'eau et d'assainissement en milieu rural ont tendance à se détériorer après quelques années faute de service de maintenance. Pour garantir un accès durable, la population doit être munie d'une formation, de ressources et se répartir les responsabilités afin de maintenir les systèmes fonctionnels en permanence. Le programme est basé sur quatre principes indissociables et se renforçant mutuellement : - Renforcer la gouvernance participative et appuyer la planification, la gestion, l'installation et la maintenance de l'infrastructure au niveau communautaire ;
- Accroître la demande de services et de produits durables en matière d'assainissement et d'hygiène de l'eau en développant des systèmes appropriés à faible coût qui garantissent un environnement sain, et en améliorant les pratiques sanitaires et d'hygiène considérées comme essentielles par la communauté ;
- Renforcer la capacité de prestataires de service à petite échelle et des associations de consommateurs d'eau (WUA) pour répondre à la demande de services améliorés en matière d'eau potable et d'assainissement ;
- Encourager la participation du secteur privé dans l'installation et la modernisation de l'infrastructure du secteur de l'eau et de l'assainissement.
Ces principes s'alignent sur l'objectif du gouvernement du Sénégal visant un accès durable à l'eau et à l'assainissement par le biais d'une planification participative. Grâce à l'appui de l'USAID, Ziguinchor sera bientôt la première région du Sénégal à être pourvue de plans locaux pour le secteur de l'eau et l'assainissement pour toutes ses communautés rurales. Le fait que l'USAID ait privilégié la gouvernance participative des secteurs de l'eau et de l'assainissement, ainsi que l'accès durable à ceux-ci, a permis aux habitants de Casamance d'avoir réellement confiance que la situation s'améliorait. Autrefois, elles restaient sceptiques au regard de la possibilité d'ouverture de nouveaux points d'eau et d'installations d'assainissement dans leurs communautés en proie à des conflits. Désormais elles en célèbrent l'aboutissement.
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Points de discussions mis en evidence
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Ci-dessous se trouvent des points dont les membres de FRAMEweb discutent : Les pêches - Relier la sécurité alimentaire et les aires marines protégées ?
 | | Foto: UNESCO |
Je souhaiterais poser une question sur les aires marines protégées (AMP) et la sécurité alimentaire. Comme nous le constatons dans le monde, les AMP sont de plus en plus utilisées à des fins de gestion des pêches (c.-à-d. appuyant les retombées de poissons des aires protégées vers les eaux). Bien qu'il soit certainement nécessaire d'obtenir plus de données sur les retombées, j'aimerais connaître l'avis général sur les défis et les possibilités lorsque l'on relie explicitement les AMP aux objectifs de la sécurité alimentaire. Connaît-on des programmes qui établissent déjà ce lien ? Existe-t-il des articles de journaux, des études de cas ou des rapports fiables que vous pouvez recommander ? Merci de me faire part de vos idées ! Cliquez ici pour partager vos idées ou vos ressources. La CBNRM (Gestion communautaire des ressources naturelles) - Comment améliorer la coordination des activités et des initiatives de CBNRM ?Les participants aux ateliers ont remarqué que les efforts de CBNRM se chevauchaient et se contredisaient, surtout lorsqu'ils sont mis en œuvre par des ONG variées. Quelle est la meilleure manière d'encourager des approches harmonieuses et coordonnées ? La coordination durable se rapporte également à cette question. Les organismes de coordination encourent des coûts d'exploitation. Comment couvrir ces coûts ? Cliquez ici pour vous joindre au débat.
La sécurité alimentaire (extrait du webinaire) - Quelle démarche conseillez-vous afin de donner une plus grande visibilité aux denrées alimentaires sauvages au sein des stratégies nationales se concentrant sur la sécurité alimentaire, le changement climatique et la croissance économique rurale ?J'aimerais poursuivre ce point en vous demandant vos avis sur les approches intégrant les denrées alimentaires sauvages aux stratégies nationales de développement. Vous avez évoqué clairement qu'il existait une demande importante de denrées alimentaires sauvages et que nombre d'entre elles produisaient des revenus considérables. Par ailleurs, vous avez précisé que la commercialisation des denrées alimentaires sauvages était un moyen pour les femmes et les autres groupes défavorisés de sortir de la pauvreté et gravir l'échelle économique. Vous avez aussi fait remarquer que les denrées alimentaires sauvages réduisaient la vulnérabilité des populations rurales aux chocs provoqués par le climat et le marché. Pourtant, malgré tous ces avantages potentiels - dont nombre d'entre eux sont susceptibles d'aider les pays à atteindre les objectifs du millénaire - les productions de denrées alimentaires sauvages se trouvent souvent marginalisées au sein des stratégies nationales et des portefeuilles des donateurs. Par conséquent, on s'attache très peu au renforcement des chaînes de valeur des denrées alimentaires sauvages ou à la réforme de politiques qui permettraient de conférer davantage de pouvoir (et de responsabilité) aux populations locales.La sécurité alimentaire (extrait du webinaire) - Comment faire face à l'imprévisibilité des denrées alimentaires sauvages ?Imprévisibles dans la mesure où on les trouve habituellement en petite quantité, dispersées sur un vaste paysage et qu'elles n'appartiennent à personne au sens conventionnel.
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Élargissez vos connaissances sur les questions concernant l'eau grâce à ces diverses ressources.  Bulletin de « Global Waters »
« Global Waters » est un magazine électronique voué au vaste portefeuille des activités liées à l'eau de l'Agence américaine pour le développement international. Par le biais de cette revue trimestrielle, l'USAID fait état des nombreux défis, possibilités, approches et leçons apprises inhérents aux programmes. Chaque numéro met en vedette le travail des partenaires de mise en œuvre et attire l'attention sur des histoires plus intimes reflétant comment les interventions de l'agence affectent directement les personnes, les familles et les communautés à l'échelle mondiale. Cliquez pour accéder au dernier numéro de Global Waters.
Pour s'abonner à Global Waters :
http://www.usaid.gov/cgi-bin/listserv.cgi
L'eau pour les villes : Répondre au défi de l'eau en milieu urbain - Guide pour la sensibilisation et manuel d'action
Mis au point pour l'équipe Nations Unies - Eau comme guide de sensibilisation pour la Journée mondiale de l'eau 2011, cet outil procure des informations dans trois domaines principaux : l'Apprentissage, l'Action et l'Échange. Le but est de communiquer des messages sur cinq aspects essentiels (sous-thèmes) : l'urbanisation, l'assainissement et la pollution, la gouvernance et la gestion, l'investissement et la finance, et l'impact environnemental et le changement climatique. Pour lire le guide, cliquez ici.
Vidéo sur l'Investissement dans le secteur de l'eau par l'USAID Cambodge  | | Cliquez ici pour visionner la vidéo |
Cette courte vidéo (10 minutes) précise en détail comment l'USAID a financé des raccordements permanents chez des ménages afin que plus de 15.000 familles aient accès à l'eau potable sûre et propre. Le projet fut géré par le Projet des micro, petites et moyennes entreprises (MSME) de l'USAID Cambodge. Les personnes expliquent que l'accès accru à l'eau potable a permis aux personnes animées de l'esprit d'entreprise de créer et gérer des sociétés. Pour regarder la vidéo, cliquez ici.
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FRAMEgram présente dans ce bulletin un membre qui a déployé une activité exceptionnelle.Cette section vous donnera aussi l'occasion d'en savoir plus sur d'autres membres de FRAMEweb. Le membre présenté dans ce numéro est.... Ian Manning* - Biologiste de la faune et écrivain indépendant Mon objectif général est de poursuivre la mise au point d'une « méthode alternative » qui permette d'améliorer la conservation de la faune et les moyens de subsistance des villageois en s'inspirant de la culture et de l'expérience indigène : « pour un monde d'auto-réalisation au service des autres, pour des structures institutionnelles basées sur un certain sens des intérêts communs, pour des innovations technologiques et organisationnelles visant la quête du bien commun ». J'ai créé le modèle de développement socioécologique « Landsafe » pour les circonscriptions traditionnelles et les aires protégées associées en Zambie. Ce modèle est basé sur la formation de biens territoriaux légaux au sein des chefferies, dont les administrateurs sont élus par les villageois des circonscriptions traditionnelles ; il repose aussi sur la signature des accords de cogestion avec les départements du gouvernement au regard de la faune, des aires de gestion du gibier, ainsi que des terres forestières, des pêches et de l'eau protégées. Au cours des neuf dernières années, en tant qu'investisseur certifié, ma famille et moi avons mis en œuvre Landsafe dans deux chefferies contigües dans la vallée du Luangwa. J'ai été déporté parce que je m'opposais à l'appropriation illégale de terres traditionnelles et protégées, et que je luttais contre le commerce criminel de l'ivoire et de la viande de gibier. Frameweb représente un effort remarquable de synthèse de connaissances, mise à la disposition du public. Ce qui est dommage c'est que nous ne nous en servons pas assez. * Pour voir le profil de Ian, connectez-vous à l'invite quand vous cliquez sur son nom.
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