Un rapport mondial de Morningstar attribue la note F- aux frais des fonds communs de placement canadiens
Avril / Mai 2011

Dans un rapport récent intitulé Global Fund Investor Experience 2011, Morningstar réaffirme ce que les défenseurs des intérêts des épargnants canadiens savent déjà : les frais des fonds communs de placement au Canada sont beaucoup trop élevés. Le rapport compare les ratios du total des frais (TER) de fonds offerts dans 22 pays et constate que les frais canadiens sont les plus élevés parmi les fonds d'actions, se classent troisièmes pour les fonds de titres à revenu fixe et arrivent premiers ex aequo avec ceux d'un autre pays pour les fonds du marché monétaire. Le rapport affirme aussi que « ces coûts ne s'expliquent pas par des caractéristiques propres au marché canadien », comme le fait souvent valoir le secteur des fonds. Morningstar a constaté que « le Canada est le seul pays visé par l'étude qui a des TER dans le groupe le plus élevé pour chacune des trois grandes catégories » et a attribué au Canada la très mauvaise note de F- dans la catégorie « honoraires et frais », la plus faible de tous les pays étudiés.


Le rapport qualifie la note globale de C+ du Canada de « note moyenne trompeuse », expliquant qu'elle cache des forces et des faiblesses majeures. « Au bénéfice des investisseurs, les pratiques de commercialisation et médiatiques sont excellentes et la divulgation d'informations est très bonne. Malheureusement, ces avantages sont contrebalancés par des impôts élevés et les coûts relatifs aux fonds les plus élevés que cette étude a révélés. »


Les frais excessivement élevés sont en partie imputables au régime de réglementation canadien. Les organismes de réglementation ont bien réussi à favoriser la concurrence dans d'autres secteurs des marchés financiers, mais ils n'en ont pas fait assez pour encourager la concurrence au niveau des prix parmi les fonds communs de placement et d'autres produits financiers vendus aux investisseurs de détail. Le régime de réglementation n'assure pas une véritable transparence des frais. Il permet aux conseillers financiers de vendre des fonds affichant des frais de plus de 100 % supérieurs à ceux de produits comparables en les présentant comme des placements « convenables » pour leurs clients et sans informer leurs clients de l'existence d'options de rechange plus abordables. Le Canada a un régime de réglementation dans lequel les conseillers financiers sont autorisés à s'appeler des « conseillers » même s'ils ont obtenu un permis restreint qui ne leur permet de vendre que des produits de fonds communs de placement; ces représentants aux permis restreints vendent les produits aux frais les plus élevés à des investisseurs qui ne peuvent pas se permettre de laisser de tels frais rogner leurs épargnes.


Morningstar a constaté que « les investisseurs des États-Unis paient les TER les plus faibles pour les fonds d'actions et des coûts inférieurs à la moyenne pour les fonds de titres à revenu fixe et du marché monétaire. La taille du marché et l'ouverture aux fonds étrangers semblent avoir moins d'impact sur les frais payés par les investisseurs que l'ouverture à la diffusion des fonds ». Malheureusement, « avec la réglementation, le Canada limite la concurrence en ne permettant pas aux fonds domiciliés à l'étranger d'être enregistrés pour la vente sur son territoire. Il n'offre pas non plus aux investisseurs dans les fonds la protection d'un conseil d'administration ». 


Le Québec et l'Alberta voudraient vous faire croire que le Canada a le meilleur régime de réglementation au monde : ils ont en partie raison en ce sens où il est le meilleur régime pour les institutions financières et les conseillers financiers - pas seulement les investisseurs de détail.


Divers blogueurs ont commenté les conclusions du rapport de Morningstar : 
On peut lire sur le site Canadian Capitalist que le rapport « montre à quel point les frais des fonds communs de placement sont excessifs au Canada comparativement à ceux d'autres pays ».
Sur son site Mounting Opposition to MERs, John De Goey note que, « au fil des ans, de nombreux journalistes (et seulement une poignée de conseillers) ont déploré les ratios de frais de gestion élevés, sur une base comparative, des sociétés de fonds communs de placement canadiennes. À ce jour, les seules véritables options des Canadiens ordinaires touchés sont d'endurer et ne rien faire ou de faire progressivement plus de place aux titres individuels, aux fonds cotés en Bourse et (ou) aux fonds indiciels ». 


Dans un article publié sur le site Wealthy Boomer, Jonathan Chevreau note que le rapport de Morningstar réfute le prétexte de l'IFIC selon lequel une telle étude des frais revient à comparer « des pommes avec des oranges ». 
  

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