La prochaine grande question: Qui êtes-vous?


Cette question a préoccupé les philosophes de Grèce antique jusqu'aux phénoménologistes du 20e siècle. Ce dilemme des plus élémentaires continue à captiver nos plus grands cerveaux, y compris de nombreux scientifiques et chercheurs de l'ICRA.

 

Nous avons lancé le défi à certains de nos chercheurs d'examiner le problème du « vous » sous la lorgnette de leurs recherches.

Le premier événement de la série, « Vous êtes votre citoyenneté » est décrit ci-dessous. Restez à l'écoute pour « Vous êtes ce que subissent vos gènes », le 30 mars et « Vous êtes les groupes auxquels vous appartenez », le 6 avril.

Faites-nous part de votre opinion. Cliquer sur le lien du sondage (Anglais) dans ce courriel pour nous dire ce qui selon vous sont les aspects les plus importants de l'identité. Joignez-vous ensuite à nous sur Twitter et Facebook où nous afficherons un échantillon des réponses.

   

Vous êtes votre citoyenneté


Dans des sociétés diverses et urbanisées, caractérisées par une forte immigration, les gens se construisent une identité à partir de nombreux éléments : culturels, religieux, démographiques, professionnels, sexuels, etc. Toutefois, pour Irene Bloemraad, professeure agrégée de sociologie à l'Université de la Californie à Berkeley et chercheuse de l'ICRA, la citoyenneté constitue la source primordiale de l'identité. « Elle ouvre la voie au processus décisionnel démocratique et à l'engagement citoyen », dit-elle. 
  
Dans des pays comme le Canada et les États-Unis, ces facteurs revêtent une grande importance pour les réfugiés, les immigrants illégaux et les résidents permanents. La professeure Bloemraad reconnaît qu'il est certainement possible pour les non-citoyens de participer aux affaires de leur collectivité - par exemple, en faisant du bénévolat à l'école du quartier ou en étant membres d'une association de locataires. Mais la citoyenneté a « bien des répercussions », et pas seulement parce qu'elle confère le droit de vote aux citoyens.
  
« Il s'agit de la protection ultime contre la déportation, note la professeure Bloemraad. Dans le contexte américain, si une personne n'est que résidente permanente et commet un crime donné, elle sera renvoyée. »
Elle avance que l'on peut percevoir la citoyenneté de quatre façons. Il s'agit, évidemment, d'un statut juridique, mais on peut aussi l'interpréter en termes de droits, d'identité affective et de participation. Les significations varient.
  
Jusqu'au début du 20e siècle, par exemple, les Américaines pouvaient jouir de la citoyenneté, mais n'avaient pas le droit de vote. L'aspect identitaire de la citoyenneté permet de percevoir l'expression collective comme un sentiment de patriotisme ou de nationalisme. Selon la professeure Bloemraad, la définition la plus convaincante de la citoyenneté est de dire qu'il s'agit d'un véhicule pour participer à la société et à ses institutions, comme le système juridique. 
  
« Cela vous donne un sentiment d'appartenance et le sentiment de pouvoir formuler des revendications légitimes contre d'autres membres de votre société. »
L'importance décroissante des frontières nationales dans certaines régions, de concert avec un sentiment croissant d'identité culturelle dans d'autres, suscite une certaine concurrence quant au concept central de citoyenneté. En Écosse ou au Québec, par exemple, la citoyenneté pour certains passe au second plan au profit de l'identité nationale. Dans l'Union européenne, en revanche, la citoyenneté supranationale au sein de l'UE permet la libre circulation, mais la professeure Bloemraad dit que cela continue à être une forme « faible » d'identité, car elle découle d'une citoyenneté conférée par des gouvernements membres individuels.
  
Selon elle, les institutions qui permettent aux immigrants d'acquérir et d'atteindre la pleine mesure de la citoyenneté ont plus d'importance. Dans des pays comme l'Allemagne, les travailleurs invités et leurs enfants ne peuvent obtenir la citoyenneté, reflétant ainsi l'ambivalence du pays en matière d'immigration. Dans des pays comme le Canada et les États-Unis, en revanche, des politiques comme le multiculturalisme et le 14e amendement (qui garantit la citoyenneté américaine à quiconque naît aux États-Unis) constituent des signaux puissants que les nouveaux arrivants peuvent, de façon réaliste, aspirer à devenir membres à part entière de ces sociétés.
L'« accueil est chaleureux », dit-elle. « Particulièrement pour la deuxième génération, on ne peut mettre en doute leur statut en tant que membres de cette société. »

Irene Bloemraad 

Chercheuse, Interactions sociales, identité et mieux-être
  
Irene Bloemraad est professeure adjointe de sociologie à l'Université de la Californie à Berkeley. Elle a obtenu une maîtrise ès arts de l'Université McGill et un doctorat de l'Université Harvard. En 2008, elle a été chercheure invitée Brizendine à la Marin Academy à San Raphael en Californie.
  
La Dre Bloemraad étudie les liens entre l'immigration et le système politique. Son ouvrage de publication récente, Becoming a Citizen (University of California Press 2006) compare l'obtention de la citoyenneté par les immigrants et la participation politique aux États-Unis et au Canada. La Dre Bloemraad avance que les politiques gouvernementales en matière d'établissement et de multiculturalisme influencent la pratique et la compréhension de la citoyenneté par les nouveaux arrivants, et qu'au cours des trente dernières années, ces politiques ont mené à de meilleurs résultats au Canada qu'aux États-Unis en termes d'incorporation politique.
  
La professeure Bloemraad a publié de nombreux articles dans des revues prestigieuses en sociologie et en immigration et elle présente régulièrement son travail aux décideurs, aux universitaires et au grand public. La professeure Bloemraad espère élargir le profil des études sur l'immigration à Berkeley. Elle a mis sur pied des séminaires sur l'immigration au premier cycle et aux cycles supérieurs et dirige un atelier informel sur l'immigration pour ceux qui mènent des recherches sur des questions associées aux immigrants.

Ne manquez pas la chance de participer à la conversation en personne, le 2 mai prochain à Toronto

 


Le lundi 2 mai 2011

Accueil : 17 h 00.
Conférence : 17 h 30.
Réception : 19 h 30.

Hôtel Four Seasons Toronto, 21 Avenue Road

Prix du billet : 60 $  

 

Conférenciers  

 

Vous êtes votre citoyenneté

Irene Bloemraad
Sociologue
Chercheuse, programme Interactions sociales, identité et mieux-être de l'ICRA
Université de la Californie à Berkeley

 

Vous êtes ce que subissent vos gènes

Clyde Hertzman
Épidémiologiste
Boursier, programme Sociétés réussies de l'ICRA; Boursier, programme Développement cérébral et biologique fondé sur l'expérience de l'ICRA
Université de la Colombie-Britannique

Vous êtes les groupes auxquels vous appartenez

Alex Haslam
Psychologue social
Boursier, Interactions sociales, identité et mieux-être
Université d'Exeter

Animé par Frank O'Dea, membre du conseil d'administration de l'ICRA
 Répondez à notre sondage en ligne dès aujourd'hui
Selon vous, quel est l'aspect le plus important de l'identité?

  (Anglais)

 

Nous afficherons les réponses les plus intéressantes au cifarnbq.ca et sur Facebook et Twitter 


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